Pourquoi le Canada est devenu la meilleure porte d’entrée vers l’Amérique du Nord

Insights
4 août, 2025

Pourquoi le Canada est devenu la meilleure porte d’entrée vers l’Amérique du Nord

Insights
4 août, 2025

Par
Fabien Loszach

L’ouverture européenne du Canada n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui un aspect stratégique inédit. Longtemps tournées vers leur voisin du sud, les entreprises canadiennes ont privilégié la proximité géographique et culturelle avec les États-Unis. Ce réflexe historique est en train de s’inverser.

“Parce que nous voulons nous rapprocher de l'Europe. Le Canada est le plus européen des pays non-européens. Nous avons une relation historique avec la France et la Grande-Bretagne, en plus d'une entente de libre-échange avec l'Union européenne. “

Mélanie Joly
Ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie du Canada

Une relation fragilisée avec les États-Unis

Le Canada est de loin le plus grand client des États-Unis — il achète davantage que la Chine, la France, la Grande-Bretagne et le Japon combinés. En 2024, près de 76 % des exportations canadiennes étaient encore destinées au marché américain. Mais cette dépendance est devenue une faiblesse. Tout entrepreneur le sait : quand un seul client représente près de 80 % de votre chiffre d’affaires, vous êtes en situation de vulnérabilité.

Mais ce qui semblait une des relations commerciales les plus solides au monde a volé en éclat en novembre dernier. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Canada a subi de lourdes sanctions commerciales : 25 % de droits de douane sur l’automobile, 50 % sur l’acier et l’aluminium. Des mesures qui ont touché de plein fouet le cœur du secteur manufacturier canadien. Cela a été vécu comme une trahison incompréhensible au nord de la frontière.

La diversification: une question de survie pour le Canada

Face à cette instabilité, Ottawa a accéléré sa stratégie de diversification économique. L’enjeu : réduire l’exposition au marché américain et bâtir de nouveaux relais de croissance. En juin dernier, l’UE et le Canada étaient réunis à Bruxelles pour renforcer leur coopération face aux turbulences mondiales; un partenariat notamment orienté sur les questions de sécurité et de défense.

Depuis l’application provisoire de l’accord économique et commercial global (CETA) en 2017, les échanges de biens entre l’UE et le Canada ont progressé de 64 %, atteignant 75,6 milliards d’euros en 2024. L’Union est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial du pays nord-américain.

Le Canada entend aussi nouer des relations commerciales plus fortes avec L’Angleterre. Comme l’explique Thierry Warin, directeur du département d’affaires internationales d’HEC Montréal, « même avec les frais de transport, vendre au Royaume-Uni pourrait être plus rentable pour certaines PME canadiennes que de rester sur le marché américain. »

Le Canada s’est toujours  positionné comme une “trading nation” résolument tournée vers le monde, mais aujourd’hui, le gouvernement Carney entend en faire une vraie marque à l’internationale. À ce propos, le Canada a quelques arguments de poids dans sa besace: il est par exemple  le seul pays du G7 à avoir des accords de libre-échange avec tous les autres membres du G7, ce qui en fait une zone d’exportation de choix.

Ressources stratégiques et souveraineté : l’atout canadien

Renforcé par l’isolationnisme américain, le contexte actuel place les États dans une compétition géopolitique intense. L’accès sécurisé aux métaux critiques est devenu une condition incontournable de la prospérité économique : aucun pays ne peut maintenir un secteur manufacturier performant sans capacités en acier, en aluminium, et en terres rares.

Mais au-delà de la seule sécurisation des approvisionnements, cette course aux ressources s’inscrit dans une stratégie plus large : casser la dépendance à la Chine, aujourd’hui incontournable dans la chaîne de valeur des métaux critiques.

Le Canada dispose d’un réservoir unique de ressources stratégiques et constitue un socle industriel clé pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il possède, par exemple, la quasi-totalité des minéraux critiques nécessaires à la fabrication de batteries. Mais exploiter pleinement ce potentiel — c’est-à-dire extraire, raffiner et transformer ces ressources localement — nécessite d’importants investissements internationaux. Une opportunité majeure pour l’Europe, qui cherche justement à sécuriser ses approvisionnements en métaux critiques tout en réduisant sa dépendance à la Chine.

« En nous appuyant sur des partenaires de confiance, nous pourrons transformer nos valeurs partagées en opportunités économiques » explique  Evan Solomon, ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique du Canada.

Thierry Warin rappelle encore que   « Le Canada est l’un des rares pays à disposer d’accords de libre-échange avec des zones représentant 53 % du PIB mondial », à commencer par le CETA, signé entre Bruxelles et Ottawa, et entré en application provisoire en 2017.

DOLO Conseil: Déverrouiller le potentiel France–Canada

DOLO Conseil accompagne  les entreprises, investisseurs et institutions qui souhaitent créer des ponts entre la France et le Canada. Avec notre  connaissance des deux écosystèmes, nous intervenons sur :

  • l’implantation d’entreprises françaises au Canada (et inversement)
  • les partenariats stratégiques et industriels
  • le développement commercial sur les deux marchés
  • la recherche d’investissements ou d’opportunités d’acquisition

Vous cherchez à ouvrir le marché canadien ou à investir en France ? Appelez-nous.